Les compétences pour la vie

Le PIIAC

 

L’Organisation de Coopération de Développement Economique (OCDE), une organisation internationale d’études économiques basée à Paris,  a lancé le PIAAC (Programme for the International Assessment of Adult Competencies /Programme pour l’évaluation Internationale des compétences des adultes), une évaluation internationale des compétences des adultes menée dans 33 pays. Les premiers résultats, publiés en 2013, sont d’un grand intérêt pour tous ceux qui s’intéressent à l’éducation.

 

Le rapport souligne que le terme de révolution n’est pas exagéré pour désigner les changements qui ont marqué notre vie personnelle et professionnelle depuis les années 80 avec l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) et le développement d’Internet. Le bagage de compétences requis pour participer pleinement à nos sociétés hyper-connectés et  à nos économies toujours plus axées sur le savoir, et pour exploiter les avantages qui en découlent, a aussi considérablement changé, sans entraîner pour autant un changement parallèle dans les système de formation et d’éducation. 

 

L’évaluation fournit une mine de données sur les compétences des adultes dans les domaines suivants :

 

  • Littératie : capacité de comprendre, d’évaluer, d’utiliser des textes écrits pour participer à la société, accomplir ses objectifs et développer ses connaissances et son potentiel. La littératie englobe une variété de compétences, depuis le décodage de mots et de phrases, jusqu’à la compréhension, l’interprétation et l’évaluation de textes complets.
  • Numératie :  capacité de localiser, utiliser, interpréter et communiquer de l’information et des concepts mathématiques afin de gérer les demandes mathématiques de tout un éventail de situations de la vie adulte. La numératie implique la gestion d’une situation ou la résolution d’un problème en répondant à un contenu, à des informations ou à des concepts mathématiques représentés de différentes manières.
  • Résolution de problèmes dans des environnements à forte composante technologique : capacité d’utiliser les technologies numériques, les outils de communication et les réseaux pour acquérir et évaluer de l’ information, communiquer avec autrui et accomplir des  tâches pratiques. Dans ce domaine, l’évaluation met l’accent sur les capacités à résoudre des problèmes à des fins personnelles, professionnelles ou civiques en mettant en place des objectifs et des plans d’action appropriés et en localisant et en utilisant l’information via les ordinateurs et les réseaux d’ordinateurs.
  • Compétences “génériques“, comme les compétences de coopération, de communication et d’auto-organisation. 

Les résultats

Environ 166 000 adultes âgés de 16 à 65 ans ont été interrogés dans 24 pays et entités sous-nationales.

 

Les résultats permettent de mettre en avant les points suivants :

 

  • Les individus peu compétents en littérature et numératie ont toujours plus de risques d’être laissés pour compte alors que la demande de compétences ne cesse d’augmenter, que les emplois demandent toujours plus d’analyse et de transmission des informations et que la technologie devient omniprésente. Une faible maîtrise des compétences en traitement de l’information empêche d’accéder à de nombreux services de base, aux emplois les plus rémunérateurs et gratifiants, et à la possibilité de suivre une formation, facteur essentiel au développement et au maintien des compétences tout au long de la vie professionnelle et privée.
  • Les inégalités en matières de compétences sont synonymes d’inégalités de revenus.
  • Les individus moins compétents ont également tendance à indiquer un moins bon état de santé, un plus faible engagement citoyen et une confiance plus limitée en autrui.
  • Les pays dont la population est peu compétente risquent de perdre en compétitivité dans une économie mondiale toujours plus dépendante des compétences. Le revenu par habitant est supérieur dans les pays possédant une vaste proportion d’adultes très compétents en littéracie et numératie. 
  • Le rapport note que dans la plupart des pays, les immigrants de langue étrangère sont significativement moins compétents en littératie et en numératie que les adultes autochtones. Les pays et les régions accueillant une proportion relativement élevée d’immigrants, comme les États-Unis, la Flandre (Belgique), la France, les Pays-Bas et la Suède, doivent revoir l’efficacité de leurs politiques d’enseignement de leur langue officielle aux immigrants, par le biais d’interventions en amont ou en aval de l’installation.  Cependant, la réussite de l’intégration n’est pas qu’une question de temps. Dans certains pays, l’ancienneté de la présence des immigrés dans le pays d’accueil n’a que peu d’impact sur leurs compétences en littératie et en numératie, ce qui porte à croire que les mesures d’incitation en faveur de l’apprentissage de la langue du pays d’accueil sont faibles ou que les politiques dans ce sens n’ont qu’une efficacité limitée. 

Le classement des pays

Le Japon, l’Australie, les Pays-bas, la Norvège et la Suède allient une performance supérieure à la moyenne à un degré élevé d’égalité. Par contre, les compétences en littératie et en numératie des Français se situent parmi les plus basses des pays participant à l’évaluation. La France se situe au 21e rang sur 23 dans le classement international par rapport aux compétences des adultes. Seules l’Espagne et l’Italie ont des résultats inférieurs. 

 

  • Les scores des Français varient sensiblement en fonction de leur niveau de formation et de leur origine sociale, et dans une mesure bien plus importante que dans la moyenne des pays participants.

 

  • Les différences de compétence en littératie entre les individus nés en France et ceux nés à l’étranger sont plus marquées que dans la moyenne des pays participant à l’évaluation, et la progression des compétences avec la durée de résidence dans le pays est très limitée.

 

  • Les compétences en littératie et en TIC sont peu demandées dans le cadre professionnel, tout comme celles en résolution de problèmes complexes. Par contre, les employeurs français comptent parmi ceux qui utilisent davantage les compétences en numératie des travailleurs.

 

  • En France, comme dans tous les pays participant à l’évaluation, on décèle une relation positive et significative entre d’une part, le niveau de compétence en littératie et en numératie, et d’autre part, le salaire horaire et la probabilité d’occuper un emploi. Toutefois, en France, cette relation est plus faible que la moyenne.

Peut-être faudrait-il rappeler ces résultats aux candidats à la prochaine élection présidentielle et leur demander quelles sont leurs propositions pour relever le niveau de notre pays.

 

Les mesures à adopter

 

Le rapport de l’OCDE note en effet que certains pays ont considérablement amélioré leur maîtrise des compétences. Par exemple, la Corée compte parmi les trois pays les moins performants lorsque l’on compare les compétences des 55-65 ans ; en revanche, dès lors qu’il s’agit des compétences des 16-24 ans, seul le Japon la surpasse. De même, les Finlandais plus âgés font état de compétences dans la moyenne des pays participant à l’Évaluation des compétences des adultes, tandis que leurs cadets sont les plus performants à l’heure actuelle, au même titre que les jeunes coréens, japonais et néerlandais. 

 

Dans ses conclusions, l’OCDE propose un certain nombre de mesures politiques à apporter :

 

  1. Assurer une formation initiale de qualité et des opportunités de formation tout au long de la vie
  2. Développer des liens entre le monde scolaire et le monde professionnel. 
  3. Assurer aux travailleurs une formation adaptée et compatible avec leurs rythmes de vie
  4. Identifier les adultes les plus susceptibles d’être peu compétents et leur montrer comment tirer parti de l’amélioration de leurs compétences.
  5. Donner des informations faciles à trouver sur les activités de formation des adultes.
  6. Reconnaître et valider les compétences.
  7. Encourager les employeurs à embaucher des travailleurs qui se sont temporairement retirés du marché du travail. 
  8. Encourager les travailleurs plus âgés à rester actifs. 
  9. Créer des conditions de travail plus souples pour s’adapter aux obligations parentales et aux handicaps des travailleurs. 
  10. Encourager, par un taux marginal d’imposition peu élevé, les travailleurs à mettre leurs compétences sur le marché du travail.

 

On voit bien dans cette liste les mesures auxquelles l’idéologie des partenaires sociaux dans notre pays risquent de s’opposer. Ce sont ces mesures qui ont permis, pourtant, à des pays comme les Pays-Bas, la Norvège, la Suède ou la Finlande d’améliorer leur système de formation, la compétitivité de leurs entreprises et de limiter leur taux de chômage.

 

Un point important à signaler en conclusion : la réussite dépend de plus en plus de l’acquisition des compétences en aval de la formation scolaire.  Le taux de participation à l’éducation des adultes est beaucoup plus élevés dans les pays qui obtiennent des bons résultats au PIAAC que dans les pays situés au bas du classement. Par exemple : Le taux de participation à l’éducation des adultes dépasse 60 % au Danemark, en Finlande, en Norvège, aux Pays-Bas et en Suède, mais reste bien inférieur à 30 % en Italie ou en France. 

 

Les compétences générales comme comme le travail en équipe, la communication, la négociation, le leadership, s’apprennent aussi  dans les organisations volontaires et les mouvements de jeunesse.

 

On peut trouver des informations sur le PIAAC à cette adresse Internet : http://www.oecd.org/fr/sites/piaac-fr/evaluationdescompetencesdesadultes.htm

Le rapport de 2013 peut être téléchargé à partir de cette adresse Internet : http://skills.oecd.org/SkillsOutlook_2013_KeyFindings_FR.pdf

 

Dominique Bénard

 


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Commentaires: 4
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